Couvre Chef !

Publié le par Paul Perrissel

Couvre Chef !

A chacun ses héros… Les miens sont ceux de mon âge : Neil Armstrong, Cousteau, Jimmy Page, Keith Richard et… Louis de Funès, certainement le plus grand comédien depuis Molière ! C’est effectivement un peu hétéroclite et, quel rapport avec la plongée allez-vous me rétorquer ? Et bien le dernier de la liste m’a fait rêver dans son chef d’œuvre : « Le gendarme se marie ». Tourné en mai 1968, il va marquer l’histoire du cinéma par l’inventivité du scénario, les jeux d’acteurs extraordinaires, bref un chef d’œuvre ! Une scène est particulièrement mémorable, on y voit l’adjudant Cruchot et toute sa brigade partir en plongée (opération « Mérou ») avec un équipement extraordinaire, pas un scaphandre Cousteau mais un véritable équipement digne de la NASA.

Pendant longtemps j’ai cru que ce casque d’astronaute utilisé en plongée était un délire du metteur en scène. Et bien non ! Intrigué par le truc, j’ai un peu farfouillé et j’ai découvert que ce casque avait bien été fabriqué et par une entreprise française de surcroît.

Couvre Chef !
Couvre Chef !

La société PIEL a une longue histoire dans le monde de l’exploration sous-marine.

Tout a commencé avec l’inventeur du détendeur à la demande, Auguste Denayrouse. En 1865, il crée une société qui deviendra la société Charles Petit qui fabrique alors des scaphandres pour les pieds lourds. En 1930 elle est renommée société René Piel (suite au mariage d’une fille Petit avec un fils Piel, ou l’inverse…) Dans les années 60, la plongée connait un essor important et un ingénieur de la SIDEP (Société Industrielle des Etablissements Piel) Yves Lemasson met au point des casques de plongées originaux.

Couvre Chef !

Le premier de ces casques a une visière bombée mais les essais préliminaires manquent de faire vomir les plongeurs ! La vision est tellement perturbante que Piel revient à des visières plates plus conformes aux masques usuels. Les casques sont équipés d’un détendeur intégré, développé par Piel, le Cyclo-flow, il est extrêmement souple et performant. Sans embout dans la bouche le plongeur peut facilement utiliser une radio pour communiquer. D’allure futuriste et innovante, le casque a cependant du mal à trouver de réels débouchés. En effet il est très léger car en plastique mais c’est surtout un inconvénient car il flotte (d’où la présence de câbles fixés à la combinaison qui le maintiennent sur la tête du plongeur). Il y a un espace mort important, le plongeur a tendance à respirer son propre gaz carbonique, on ne peut pas pincer son nez pour compenser la pression. Le casque est doté d’une collerette en caoutchouc  pour qu’il soit étanche mais en cas de pénétration de l’eau, le plongeur risque de se noyer. Testés par le GERS, les casques Piel n’auront pas vraiment de suite. Yves Lemasson, l’ingénieur de Piel tente l’aventure tout seul et met au point le Casque Lama qui, lui aussi, reste une curiosité. 

Couvre Chef !

La société Piel continue d’innover dans la plongée, en particulier dans les combinaisons étanches (Ils développent des systèmes de chauffage par batteries pour les scaphandriers). Elle fait partie aujourd’hui du groupe breton Guy Cotten.

Couvre Chef !

Dernière petite anecdote à propos du film (que par conscience professionnelle j’ai dû revoir plusieurs fois), le plongeur qui double Louis de Funès est Gabriel Di Domenico (le « Têtard ») scaphandrier, pirate, corailleur et cascadeur…

Publié dans Plongée Geek

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