Le catamaran de l'angoisse...

Publié le par Paul Perrissel

Le catamaran de l'angoisse...

La mer est un milieu magnifique mais impitoyable. Une traversée en bateau est révélatrice des caractères humains, de nos forces et de nos faiblesses… Le court récit qui va suivre en est la preuve et longtemps j’ai hésité à vous le narrer car, je vous le dit tout de suite, la conclusion est triste et affligeante. Pour le respect des protagonistes, j’ai changé le nom des personnages.

Cela se passe il y a quelques années, je décide de partir sur un catamaran avec ma poulpette préférée. Au programme navigation et plongée lors des mouillages. Le drame se déroule dans la mer des caraïbes, au large de Sainte Lucie. La carte postale aura pu être idyllique.

Nous sommes 4 couples sur le bateau avec un skipper. La croisière est sportive et tout le monde doit participer aux manœuvres. Là, je m’aperçois qu’il n’y a que nous qui avons lu le contrat… Les 3 autres couples découvrent la mer pour la première fois visiblement. Marie, professeur de lettres, découvre surtout le fond de son seau en plastique puisqu’elle a décidé de vomir pendant deux semaines.

Mais le drame survient une fin d’après-midi, au mouillage, Stéphanie, jeune parisienne éprise d’aventure est assise sur le plat bord arrière du bateau et elle s’équipe avec son équipement Décathlon (Palmes, masque et tuba dans le même filet à un prix défiant toute concurrence). Elle pratique le PMT depuis plusieurs jours mais ce soir elle a envie de progresser. Alors elle m’interpelle : Dis moi le Poulpe, tu es moniteur de plongée ? Mes palmes me font super mal aux pieds, tu peux me dire d’où vient le problème ?

Et là, c’est le drame, fier comme un Nematistius pectoralis (le poisson coq), je bondis sur la naïade pour l’aider de ma science subaquatique. Et, horrifié, je découvre qu’elle palme depuis des jours avec la forme en plastique noire qui est introduite dans les palmes pour qu’elles ne se déforment pas dans les rayons du marchand.

J’ai compris, grâce à la mer, que l’être humain n’en finirait pas de me décevoir.

Publié dans On Touche Le Fond

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