Low Tech

Publié le par Paul Perrissel

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Les occasions de faire craquer ma chérie à propos de la plongée sont nombreuses… Par exemple, elle a du mal à comprendre l’intérêt de plonger dans l’eau froide de la méditerranée en février sur l’ile du Frioul… Mais le pire c’est quand je fais l’acquisition d’une merveille de technologie sur le Boncoin. Là, lorsqu’elle ouvre la boite aux lettres et qu’elle y découvre un emballage improbable à mon nom : j’ai d’abord droit à une interpellation ferme suivi d’un regard désapprobateur. Immédiatement je chausse mon regard aux yeux de velours, je m’équipe de mon sourire ravageur et enfin je porte l’estocade par un « je ne l’ai payé que quelques euros ! C’est une affaire ! » En principe cela se fini par un « Tu me soules mais je t’aime quand même » ! Bref je suis très fort ! En fait l’ultime condition c’est que cette nouvelle cochonnerie ne sorte pas de mon musée (en fait le sous-sol…)

Un de mes dernières acquisitions fut un décompressimetre SOS. Ne cherchez pas « décompressimetre » dans votre Larousse, c’est une pure invention des fabricants. Dans les années 60, certains fabricants cherchent à remplacer les tables de décompression par un instrument automatique. Dès 1959, un fabricant italien, SOS, met sur le marché le décompressimetre. Ici pas de circuit intégré, de microprocesseur et batterie lithium-ion, encore moins d’algorithmes Bühlmann, M-Values ou RGBM. Basique mais cela fonctionnait. Alors examinons en un peu le principe :

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Un sac souple étanche est rempli d’air. Sous l’effet de la pression lors de la descente du plongeur, le gaz est comprimé et tente de traverser un filtre en céramique. Ce filtre retarde le passage de l’air dans un tube métallique comme le ferait un tissu qui absorbe de l’azote. Cet air sous pression remplit donc le tube de bourdon qui se déforme lentement. (Principe de la langue de belle mère qui se déroule lorsque l’on souffle dedans). En se déformant le tube entraine une aiguille qui indique la quantité de gaz absorbé dans les tissus du plongeur. Lors de la remontée, le phénomène s’inverse, et le filtre va ralentir le retour du gaz dans sa poche étanche comme un tissus qui désature lentement.

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Sur le cadran, on lit ainsi la profondeur à ne pas dépasser lors de la remontée. On retrouve les paliers de 3 en 3 mètres (10 pieds) et on doit attendre que l’aiguille soit passée sur le secteur inférieur avant de changer de profondeur.

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La décompression s’appuie sur les tables US Navy de 1956. Le filtre en céramique est équivalent au compartiment 120 minutes. Mais que devient la désaturation des autres compartiments me demandent les futurs N4 ? Et bien la désaturation est obtenue par une remontée relativement lente à 18 mètres/minute ! Bon pour des plongées inférieures à 20 mètres ça passe, on a plutôt un dispositif conservateur. Au-delà on était plus dans le suspense…

Le décompressimetre SOS fut commercialisé jusque dans les années 70. Sa précision est, on l’a vu, assez peu précise et en plus il reste assez fragile avec sa poche d’air qui prend facilement l’eau !

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Ce fut quand même un beau succès commercial, l’appareil fut vendu sous de nombreuses marques différentes : SOS, Scubapro, Barakuda, Nemrod, Beuchat…

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Pour revenir à mon dernier joujou, je n’ai pas pu résister au plaisir de le tester en mer. Et je n’ai pas fait cela n’importe comment : j’ai attendu de faire une belle plongée avec les enfants du club pour vérifier la précision du vieux truc.  En fait les enfants ça résistent à tout et quand je leur dit que c’est une nouvelle montre connectée ils me croient… Bref tout le monde est sorti nickel de l’eau, heureusement j’étais vraiment inquiet pour mon décompressimètre…

Publié dans Plongée Geek

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myr 26/02/2016 17:33

tu es un éternel passionné ! ? :) et donc tu nous passionnes !!:)) merci. ;-)

French 26/02/2016 09:18

C'est là qu'on voit à quel point les STI t'ont déteint dessus, avec leurs idées de projets les plus improbables... Et en oraux, ils font tout comme toi: ils essaient de convaincre le jury que ça va marcher!
Meuh oui bien sûr... Même un prof d'anglais femelle basique est capable de voir que ça prend l'eau!

Le Poulpe 26/02/2016 17:09

Attention ce blog est exclusivement destiné aux plongeurs titulaires d'un bac STI ! Et depuis quant la perfide Albion a un niveau de plongée ?